Reprise le 11 mai du procès de trois Américains accusés d'espionnage

Le procès de trois Américains arrêtés en 2009 par l'Iran à la frontière irakienne et accusés d'espionnage reprendra le 11 mai, a annoncé dimanche Alireza Avaie, responsable du département de la Justice de Téhéran.

"La prochaine audience des trois Américains accusés d'espionnage se tiendra le 21 Ordibesht 1390 (11 mai 2001 dans le calendrier iranien) devant le tribunal révolutionnaire de Téhéran", a déclaré M. Avaie à l'agence officielle IRNA.

Cette deuxième audience devrait se tenir à huis clos, comme la première intervenue le 6 février, a précisé M. Avaie.

Seuls deux des trois Américains, Josh Fattal (28 ans), et Shane Bauer (28 ans), toujours détenus en Iran, comparaissent dans ce procès.

Leur compagne Sarah Shourd (32 ans), rentrée aux Etats-Unis après avoir été libérée pour raisons de santé en septembre dernier contre une caution de 500.000 USD, est jugée par contumace.

Les trois Américains ont été arrêtés le 31 juillet 2001 à la frontière irakienne, après avoir selon eux pénétré par erreur en Iran alors qu'ils effectuaient une randonnée dans les montagnes du Kurdistan irakien.

Leur avocat, Me Massoud Shafii, a indiqué à l'issue de la première audience consacrée à une première confrontation entre l'accusation et la défense que les trois Américains avaient plaidé non coupable de l'accusation d'espionnage.

Il a réclamé au tribunal la "libération immédiate" de Josh Fattal et Shane Bauer qui sont également, comme Sarah Shourd, poursuivis pour "entrée illégale" en Iran.

"J'ai étudié le cas en détail et la question de l'espionnage est sans fondement. La seule question est celle de l'entrée illégale en Iran, qui, même si cela est exact, est intervenue par erreur car la frontière n'est pas marquée" dans la région où ils ont été arrêtés, a-t-il expliqué.

Ce délit est puni d'un maximum de trois ans de prison, qui peut être commué en amende, selon lui.

Washington a toujours démenti l'accusation d'espionnage, réclamant à de multiples reprises la libération des trois Américains.

La première audience a eu lieu sans que Me Shafii ait pu la préparer avec ses clients. L'ambassadrice de Suisse en Iran, qui représente les intérêts américains en l'absence de relations diplomatiques entre Washington et Téhéran, n'a pas été autorisée à y assister.

Cette affaire a provoqué, depuis le début, des tiraillements entre l'autorité judiciaire, qui a adopté une ligne dure, et le gouvernement, qui a cherché à la minimiser et à faciliter la libération des Américains, éventuellement dans le cadre d'un échange -officiellement démenti des deux côtés- avec des Iraniens détenus aux Etats-Unis.

AFP