Les deux figures de proue de mouvement d'opposition au président iranien, Mahmoud Ahmadinejad, Mir Hossein Mousavi et Mehdi Karoubi, ont été arrêtés, signale lundi le site Internet Kaleme.
« Des sources indiquent qu'ils ont été arrêtés et transférés à la prison Heshmatiyeh de Téhéran », écrit le site Internet de M. Mousavi, selon une traduction fournie par l'agence Reuters.
Le site de M. Karoubi, sahamnews.org, note également que les deux hommes et leurs femmes ont été amenés versun endroit inconnu.
Cette nouvelle survient une semaine après l'annonce de l'arrestation du fils de Mehdi Karoubi, Ali Karoubi.
Mir Hossein Mousavi et Mehdi Karoubi sont en résidence surveillée depuis qu'ils ont appelé leurs partisans à manifester dans les rues de Téhéran le 14 février. La manifestation a eu lieu, mais eux-mêmes n'ont jamais pu y participer.
Ces appels à de nouvelles manifestations, officiellement organisées en guise d'appui aux peuples tunisien et égyptien, qui se sont révoltés contre les autocrates qui les dirigent, ont été très mal accueillis par le pouvoir iranien.
Le 15 février, 220 des 290 députés du Parlement iranien ont signé une lettre réclamant la peine de mort pour MM. Mousavi et Karoubi, qu'ils accusent de faire le jeu des États-Unis et du sionisme et réclament pour eux la peine capitale.
Le 17 février, le chef de l'autorité judiciaire iranienne, l'ayatollah Sadegh Larijani, a accusé les deux opposants de trahison et a laissé entendre qu'ils seraient poursuivis pour « corruption sur terre », un crime passible de la peine de mort en Iran.
Le lendemain, un membre influent de l'appareil politique iranien, l'imam Ahmad Janati, avait profité de la prière du vendredi pour baisser quelque peu le ton à leur endroit. Il avait argué que la réputation des deux hommes était déjà détruite, et qu'il convenait plutôt de les isoler.
Un conflit issu de la présidentielle Mir Hossein Mousavi et Mehdi Karoubi se sont tous deux présentés à la dernière présidentielle, en juin 2009. Le scrutin s'est officiellement soldé par la victoire du président Ahmadinejad, mais les deux opposants avaient crié à la fraude électorale.
L'affaire avait entraîné les plus importantes manifestations qu'a connues le pays depuis la révolution islamique de 1979. Des centaines de milliers, voire des millions, de personnes avaient défilé dans les rues de Téhéran et d'autres villes du pays.
Ce mouvement de contestation a finalement été réprimé dans la violence. De nombreuses têtes dirigeantes ont été arrêtées et jugées. La plupart ont été emprisonnées, mais certaines ont été exécutées.
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Radio-Canada.ca avec Associated Press et Reuters