La première tentative de l'Iran en plusieurs décennies de faire passer des navires de guerre par le canal de Suez pourrait déstabiliser encore plus le Moyen-Orient, région déjà aux prises avec une vague sans précédent de soulèvements populaires.
L'armée égyptienne, au pouvoir en Égypte depuis le départ de Hosni Moubarak, il y a un peu plus d'une semaine, a accordé la permission de passer par ce canal stratégique à des navires de guerre iraniens, approbation que l'État d'Israël a déjà qualifiée de provocation.
Mais l'Égypte ne semble pas avoir d'autre choix que d'acquiescer aux demandes de l'Iran, une convention internationale qui régit les expéditions prévoyant que le canal de Suez reste ouvert à tout navire de commerce ou de guerre.
Aucun navire battant pavillon iranien n'a navigué par le canal de Suez depuis 1979. Les deux navires de l'Iran, qui doivent se rendre en Syrie, ne devraient pas passer par le canal avant mardi ou mercredi, selon des sources égyptiennes. Dimanche, ces deux navires, la frégate Alvand et le ravitailleur Kharq, se trouvaient toujours à proximité de l'entrée sud du canal.
Le canal de Suez, qui relie la mer Rouge à la mer Méditerranée, permet à des navires d'éviter une longue navigation autour de l'Afrique. L'Iran désire envoyer ces deux navires pour un entraînement en Syrie, proche allié du gouvernement iranien et ennemi d'Israël.
En Syrie, des représentants de l'ambassade iranienne ont indiqué qu'il s'agirait du premier accostage d'un navire de l'Iran à un port syrien en plusieurs années.
Les États-Unis et Israël pensent que l'Iran met en place un programme nucléaire pour fabriquer des armes, ce que Téhéran nie. Israël considère l'Iran comme une menace et surveille avec de plus en plus d'inquiétude les déplacements des navires de guerre iraniens. Dimanche, le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, a accusé l'Iran de tenter de tirer profit de l'instabilité en Égypte et a affirmé à ses ministres qu'il considérait comme graves les gestes de l'Iran.
The Associated Press