Le gouvernement iranien a annoncé la rupture de sa coopération avec le Louvre, à qui il reproche de manquer à ses engagements en matière d'échanges culturels avec Téhéran. Pour le vice-président iranien qui est également en charge de l'Organisation du patrimoine culturel et du tourisme, le Louvre devait, aux termes des accords bilatéraux, prêter des pièces historiques pour une exposition publique à Téhéran, mais pour des raisons indéterminées, a-t-il dit, "cet échange n'a pas eu lieu". Le Louvre dément catégoriquement avoir pris l'engagement de prêter ces pièces.
Pour les autorités iraniennes, ce comportement du Louvre est à caractère politique, et c'est pour cette raison que, dès février dernier, le gouvernement iranien avait déjà menacé de rompre ses relations culturelles avec Paris. Téhéran avait fourni en effet, à l'issue d'un accord avec le Louvre, des pièces historiques pour deux expositions, en 2008 et en 2009, sur l'art séfévide et sur l'histoire de la civilisation de l'ancienne Perse.
Sortir de l'isolement politique
Pour les observateurs iraniens, cette offensive culturelle de Téhéran s'inscrirait dans le cadre d'une campagne en direction des pays occidentaux, la Grande-Bretagne, les États-Unis et la France. Téhéran, menacé de plus en plus d'un isolement international croissant pour ses activités nucléaires et les violations des droits de l'homme dans le pays, espère ainsi, comme il l'avait fait auprès de Londres et de Washington, sensibiliser l'opinion publique sur la nécessité de maintenir des rapports culturels entre les peuples.
En février 2009, Téhéran avait annoncé la rupture de ses relations culturelles avec le British Museum pour protester contre le report du prêt prévu du Cylindre de Cyrus. Après une longue polémique, le British Museum a fini par envoyer, en 2009, le trésor archéologique des Achéménides à Téhéran pour une exposition qui doit durer encore jusqu'à la mi-avril. Téhéran avait exercé une pression identique sur les Américains et vient d'obtenir gain de cause pour que lui soient restitués des bas-reliefs de l'époque achéménide qui étaient aux États-Unis depuis plusieurs décennies.
Le Point